Marchés publics : la question qu'on me pose le plus souvent
Comment savoir qui a obtenu un marché public et à quel prix ? Réponse concrète, étape par étape, avec les sources officielles que vous pouvez consulter vous-même en Suisse romande.
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La question, telle qu'on me la pose
Depuis que ce blog existe, un message revient plus que les autres, sous des formes différentes : « Une commune a attribué un mandat, comment puis-je savoir à qui, pour quel montant et selon quelle procédure ? » Derrière cette phrase, il y a souvent une simple curiosité de contribuable, parfois le soupçon qu'un contrat a été donné sans vraie mise en concurrence.
Je réponds toujours de la même manière : la réponse existe presque toujours, mais elle se trouve à plusieurs endroits, et il faut savoir lequel regarder selon que le marché relève de la Confédération, d'un canton ou d'une commune. Cet article suit l'ordre que j'applique moi-même quand je démarre une vérification, sans raccourci et sans rien supposer.
Je précise d'emblée ce que je ne peux pas faire ici : juger d'un cas particulier sans avoir vu les pièces. Ce que je peux vous donner, c'est une méthode de lecture, avec ses limites.
Première étape : identifier qui achète
Deuxième étape : lire la publication officielle
Lorsqu'un marché dépasse certains seuils, l'appel d'offres est publié sur une plateforme électronique officielle. Les cantons romands publient aussi des avis dans leur feuille officielle. On y trouve l'objet du marché, les critères d'aptitude, les critères d'adjudication et leur pondération, ainsi que les délais.
Je lis toujours les critères avant le résultat. Un prix pondéré à soixante pour cent ne raconte pas la même histoire qu'un prix à vingt pour cent et une grille qualitative très détaillée. La manière dont l'appel d'offres est rédigé dit déjà beaucoup de ce que l'autorité cherche, et parfois de ce qu'elle a déjà en tête.
Il arrive aussi qu'une publication soit retirée ou modifiée. Je fais donc une copie de chaque page consultée, avec la date de consultation, avant de poursuivre.
Troisième étape : retrouver la décision d'adjudication
Ce que la réponse ne dit pas
Une adjudication régulière sur le papier n'est pas une garantie d'absence de problème, et une procédure de gré à gré n'est pas une preuve d'irrégularité. Ce sont des indices à replacer dans leur contexte : qui a rédigé le cahier des charges, combien d'offres ont été déposées, si le même prestataire revient régulièrement.
C'est pourquoi je me garde de conclure à partir d'une seule pièce. Quand un doute subsiste, je recoupe avec d'autres documents, puis je soumets mes constats à l'autorité et à l'entreprise concernées avant toute publication, afin qu'elles puissent répondre.
Pour vous, lectrice ou lecteur, la même prudence s'applique : un écart de prix ou un fournisseur récurrent invite à poser une question, pas à rendre un verdict. La formulation de la question compte autant que la trouvaille.
Une méthode à garder sous la main
La question la plus fréquente appelle une réponse sans mystère : les informations sur un marché public se trouvent, à condition de savoir qui achète et où il publie. Elles ne disent pas tout, et c'est ce qui rend la suite du travail nécessaire. Retenez la méthode plutôt que le cas, vérifiez avant de conclure, et gardez les pièces. Les prochains articles de cette rubrique reviendront sur d'autres aspects des adjudications, avec des documents à l'appui.
Camille Rochat
Journaliste et éditriceJournaliste indépendante, Camille Rochat enquête depuis de nombreuses années sur les finances publiques et les marchés de l'État. Elle rédige et vérifie chaque article du blog.